Le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE), réuni le 20 novembre, devait être exceptionnellement présidé par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. À la demande même du ministre, la séance avait été déplacée à cette date afin de garantir sa présence. Pourtant, après une intervention introductive très brève, celui-ci a quitté la réunion, laissant l’ensemble des membres du CSE profondément mécontents.
Dans leurs réactions, les organisations syndicales et associations représentées au CSE soulignent l’incohérence et le manque de considération que révèle ce départ anticipé. Toutes rappellent que le CSE est un lieu essentiel de dialogue démocratique, où se rencontrent et débattent les représentants des personnels, des parents, des lycéens et étudiants. Ce cadre institutionnel permet d’échanger sur les politiques éducatives, d’évaluer leurs impacts et de construire des améliorations. La présence du ministre revêt donc une importance particulière, notamment en période de réformes et de tensions dans le système éducatif.
Ce qui a particulièrement choqué les représentants, c’est la raison pour laquelle le ministre a quitté la séance : un déplacement, organisé le même jour, afin de présenter les résultats des évaluations nationales standardisées devant un « panel d’enseignants et de personnels de direction ». Pour les organisations du CSE, le ministre a clairement privilégié une opération de communication devant un public sélectionné, plutôt qu’un échange institutionnel avec l’ensemble des acteurs de l’éducation. Cette attitude est jugée provocante, voire méprisante, d’autant plus qu’elle semble indiquer une volonté de contourner les instances représentatives au profit de dispositifs contrôlés.
Les organisations syndicales et associatives insistent également sur le caractère paradoxal et inquiétant de ce comportement. Si l’on voulait y voir une simple « erreur de débutant », rappellent-elles, il faut souligner que le ministre connaît parfaitement le fonctionnement du CSE, les attentes de dialogue de ses membres et la richesse des débats qui s’y tiennent. Dès lors, son choix semble révéler un manque de volonté réelle de concertation.
Plusieurs syndicats — FSU, UNSA, CFDT, FO, SNALC, CGT, SUD, CFTC — ainsi que des associations de parents, d’étudiants et de lycéens, ont exprimé collectivement leur désapprobation dans un communiqué unanime. Cette convergence rare, entre des organisations aux sensibilités parfois divergentes, souligne l’ampleur du malaise et l’importance du symbole : un ministre qui organise sa communication mais évite le débat démocratique avec celles et ceux qui représentent réellement la communauté éducative.
En résumé, l’ensemble des acteurs présents au CSE dénonce un manque de respect institutionnel, une absence de dialogue et une priorité donnée à des opérations politiques plutôt qu’à la concertation pluraliste que devrait garantir cette instance. Pour eux, cet épisode illustre un risque plus large : celui d’un ministère qui privilégie des messages contrôlés au détriment de la concertation avec les instances officielles et pluralistes de l’Éducation nationale.es contrôlés au détriment de la concertation avec les instances officielles et pluralistes de l’Éducation nationale.